jeudi, 22 mai 2008

Beau temps

Only Fooling Myself- Kate Voegele


podcast

Tout commence.

Quand je dis tout, c'est le printemps qui va vite devenir été, le soleil doux de dix heures du matin, les jeux d'ombre et de lumière dans les feuilles du févier d'amérique, les petits déjeuner dehors, les après-midi de paresse, le pique-nique au jardin des Plantes, les sandales, les compensées rétro (mais pas trop), les jupes légères, les cheveux libres, le fond de teint absent, juste du rouge à lèvres, un peu de vernis and that's ok.

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Et les après-midi au bord de la piscine (ou plutôt contre la paroi de la piscine montée, mais peu importe), à bronzer un peu, pas trop, parce qu'on a la peau fragile. Les bouquins très intellos ou juste légers, délectables. Les glaces à l'eau qu'on fait nous même, dans le congélateur du garage. Le thé glacé, le café glacé, les salades composées, les tomates à l'huile d'olive et mozza, l'eau au frigo, les soirs dehors.

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La chaleur des soirées estivales, tous sur la terrasse, en débardeur, avec une tisane de verveine maison, un pot de miel toutes fleurs, une bougie sur la table, les fou-rires, la détente, le bonheur tout simple.

Les journées en ville, où la chaleur écrasante du sud nous fera étouffer dans les petites rues d'Avignon, parce que voyez-vous l'air y circule très mal à partir de début juin. Le festival qui arrivera bientôt, avec son lot d'humour, de folies, de fous tout court, d'originaux, de foule, de marché des artisans, de tatouages au henné fait au hasard des déambulations.

 

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Cette période entre parenthèses, ces mois où on  a l'air d'avoir tout oublié, ou tout repeint, ces instants où si tout continue, cela ressemble plus à un départ qu'à une suite. Pause. Et puis on espère beaucoup de ces mois de flottements, peut-être qu'enfin... ou bien septembre changera tout après un temps de jachère.

Peut-être.

 

On respire tellement mieux, on est tellement plus léger,

j'aime tellement ça. 


 

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mardi, 22 avril 2008

Glossy Glossa

   

podcast
 
Aujourd'hui j'ai mis du gloss.
Du gloss rouge translucide, sans paillettes aucune, de chez Bourjois. 
Mon premier tube je l'ai acheté en 5ème, il était transparent, j'avais peur de faire pot de peinture.
Je ne suis pas fan du gloss, je préfère, et de loin, le rouge à lèvres, rouge, orangé, nude.
Mais ce gloss-là, je le porte dans le coeur. C'est cette marque, ce produit (Effet 3D pour info, mais 3D rien du tout, mes lèvres ne sont jamais devenus Scarlett-Johanssonesques), il a une odeur. C'est juste pour son parfum que j'en ai racheté un il y a quelques mois.
Non pas qu'il est une odeur à tomber par terre, il a juste le parfum de mon collège.
Mes années de complexes, mes années de bande de copains en bande de copines, mes années "Clo, t'es vraiment tu fille gentille". 
Gnagnagnagna, une fille gentille.
Mais il me rappelle surtout mes années douces.
Celles où je commencais à écrire des trucs. Ce n'était pas du Hugo, mais c'était mes premières histoires, toujours faciles, toujours idéales. Une gamine élevée par des loups, ou bien une fille "bionique" amoureuse d'un ado banal, une famille qui vit dans la rue.
Années douceurs? Ah mais chez moi, le début était toujours dramatique, ou complètement tordu, mais, MAIS la fin était systématiquement heureuse. J'aurais pu écrire pour Disney.
C'était les années où mes rêves se sont le plus développés, des rêves sans liens avec ma réalité.
Socialement ce furent des temps houleux, mais personnellement très léger.
Et puis est arrivé le lycée, le rouge à lèvres, les vrais amis, la vraie vie.
Mon gloss est resté au fond de ma trousse Sephora, il est devenu pâteux, il a perdu son parfum.
J'ai continué à écrire, moins d'histoires, plus de moi.
J'ai cherché qui était ce moi justement, quels étaient ses goûts, ses qualités, ses défauts aussi (c'est d'ailleurs la chose la plus facile à trouver des trois). Je me suis fait des amies, avec qui je suis allée rire avant et après les cours.
Avec qui je me reposée au Skate Park de ma ville, en observant des garçons tomber en faisant les coqs.
J'ai rencontré des filles avec qui j'ai pu partager mon sentiment d'être un peu trop coincée pour ce monde, des filles avec qui j'ai pu apprendre à affirmer mes opinions. J'ai rencontré une fille avec qui j'avais plus de points commun qu'il n'y paraissait, avec elle j'ai eu beaucoup de fou-rires glossy. Je suis devenue en plus d'une cousine, une confidente, j'ai trouvé dans ma famille plus d'amitié qu'escomptée.
J'ai grandi, j'ai été amoureuse pour de vrai, pour de faux, j'ai fait rire les gens, j'ai mis des talons, j'ai porté de chastes décolletés, je me suis fait des chignons, j'ai découvert Elvis Presley.
Mon gloss était périmé, mais son parfum s'était incrusté dans les contours de ma vie. 
J'ai grandi, je suis allée à l'université, j'ai étudié l'histoire, j'ai rencontré d'autres gens, mais garder les plus proches, j'ai osé être moi, sans en avoir honte. J'ai diversifié mes lectures, mes choix, mes films. J'ai mis mon coeur dans une muraille de barbelés, recouverts de velours, pour que les gens n'y voient que du feu, pour que personne ne sache que je n'étais pas toujours la fille sortie d'on ne sait où, qui sourit toujours , sincèrement, qui semble ignorer l'aspect trop sombre que le monde offre parfois.
Et puis j'ai choisi de couper les barbelés, j'ai décidé d'être imparfaite, de n'être que moi, de rire toujours, en acceptant que je n'étais pas un roc. Que le colosse aux pieds d'argile avait le droit aussi de se reposer. J'ai pris les outils de mon Père et j'ai coupé, dans le tas, sans égards, pour me libérer.
Pour être celle de mes histoires, celle qui a des hauts des bas, mais qui creusera toujours vers le haut. 
Alors j'ai racheté du gloss, j'en ai remis un peu, en me disant que cette fois-ci, l'odeur me rappellerait mes années douceur, doublées de mes années vérité, années sourire.
 
 
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lundi, 21 avril 2008

Mutisme.


podcast
 
Mon coeur tais-toi. Enfin.

Pour se taire encore faut-il avoir tout dit.

Oui mais dire quoi? Comment savoir si oui, ou non? On ne force pas l'amour, sinon il n'existe plus. 

Je n'y comprend pas grand chose.

Au fond il n'y a rien à comprendre.

Pas le bon moment? Pas le bon tout court?

J'en sais rien. Et pour l'instant je ne veux pas savoir. Faire l'autruche me convient très bien. Quand je serais prête je sortirais la tête de ce trou et je saurais. Mais je le ferais seule. Je suis peut-être un peu abrutie.
Qu'importe au fond.
Je sais ce que je supporterais, ou non.
Je porte un joli cache sur les yeux. Je le garderais un temps.
Assez de temps pour affronter la réalité, bonne ou mauvaise.

Mon coeur tais-toi.
Il n'y a rien à dire.
Il n'y a plus rien à dire.
Des mois de babillages, d'espoirs un peu forçés t'ont fatigué.
Tais-toi.
Peut-être plus tard y aura-t-il une belle surprise.Optimiste toujours, tu te rappelles?
 
Mais aujourd'hui silence radio.
Tu ne peux pas faire grand chose.
Fabrique toi un cocon d'ouate, repose-toi, ne t'inquiètes pas.
A chaque jour suffit sa peine mon coeur, à chaque jour suffit sa peine.
Chut. Eteins la lumière, ferme la porte. 
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vendredi, 18 avril 2008

Croissance

"Il faut grandir un peu"
Voilà ce que l'on entend souvent, principalement lorsqu'on atteint la majorité, la vingtaine.
Il arrive un âge où certains comportements ne sont plus tolérés par les plus vieux. Il est un temps où il nous faut devenir un adulte "pour de bon".
C'est quoi un adulte pour de bon?
Pas grand chose de plus qu'un enfant au fond. Quelques centimètres/kilos en plus et, paraît-il, du plomb dans la caboche.
Je n'en suis pas convaincue.
Ne dis-t-on pas "la vérité sort de la bouche des enfants"?
Lorsqu'on est haut comme trois pommes, on ne rêve que d'une chose: grandir.
Se sentir pousser des ailes, prendre son envol, partir, partir loin, découvrir de nouveaux horizons.

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Il faudrait leur dire à ces enfants. Grandir est agréable. On devient nous, des choix nous incombent, on rencontre d'autres adultes en croissance, on mûrit.
La vie nous appartient, enfin c'est ce qu'on dit.

Il faut veiller sur ces nouvelles ailes. Elles grandissent au fil des années, mais elles peuvent se briser, disparaître, et nous laisser comme l'Albatros de Baudelaire, à terre, malhabile, gauche.

Elles sont la volonté, les rêves, le désir d'aller au devant des difficultés, de les surmonter, de faire son trou, de grandir, sans faner.

La vie n'est pas ennemie, il faut savoir la prendre, la caresser, l'apprivoiser.

Il faut prévenir les enfants, qu'adulte n'est pas toujours synonyme de réussir. Que l'important c'est d'essayer d'atteindre ses aspirations. Que grandir c'est s'envoler, et qu'avec de l'attention, de l'entrain, l'atterrissage sera réussit.
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mardi, 15 avril 2008

Mauvais Timing

Vous recevez une lettre, on vous dit des mots.
Ces mots que toutes les petites filles attendent.
Les phrases emphatiques, enflammées, qui ne s'adressent qu'à vous.
Les expressions toutes faites, un peu sucrées, trop romantiques, mais authentiques, sincères.
Vous lisez, vous vous dites que tout cela est impossible.

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Impossible, mauvaise plaisanterie, ironie du sort, erreur de candidat.
Les bons mots, l'expression rêvée, la réponse à vos attentes enfantines, mais le mauvais expéditeur.
Celui-là vous le connaissez, vous l'appréciez, c'est un ami, un merveilleux ami, mais simplement un ami.
Il ne doit pas vous dire cela.
Parce qu'il n'est pas le bon.
Celui dont vous rêvez, celui dont vous parlez.
Celui qui rempli vos lettres, celui de qui ces mots auraient du venir.

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Ironie cruelle, coïncidence désagréable, surprise grinçante.
Vous voilà dans la position de celui qui blesse. Face à vous: celui dont on n'ignore rien sauf le coeur. La place que vous avez parfois occupée, vous en connaissez l'inconfort, la peine aussi.
Et c'est à votre tour de dire non.
De dire "c'était presque parfait".
Et dans le "presque" réside la clé de l'intrigue, la réponse au pourquoi de l'autre et aux vôtres.
Dans ce "presque" tout perd sa saveur, la déception pour l'un, l'attente pour l'autre, resurgissent.
Dans ce "presque" est la justification de la peine infligée.
Vous le pensiez.
Vous en êtes sûre.
L'amour ne se satisfait pas de compromis