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jeudi, 24 juillet 2008
Iris
Mercredi soir j'ai regardé "The Holiday".
Je l'avais vu au cinéma il y a un an et demi, avec ma cousine, la très précieuse (j'insiste) Sabine, et une de nos tantes.
J'aime beaucoup beaucoup ce film, et si j'aime tout les personnages, ma préférée reste Iris, alias Kate Winslet.
Il me semble, que de tous les personnages de cinéma que je peux aimer, comprendre, souhaiter être, celle-là reste la première.
Et ce, non pas grâce au génie d'un réalisateur, d'un scénariste, d'une histoire qu'on ne devine pas. C'est une comédie romantique, un peu "prévisible" (et j'adore ça), mais Iris...
Iris c'est tout moi.
Et je pèse mes mots.
elle saute sur le lit, elle pleure, elle met la musique au maximum, elle est un peu trouillarde, elle a du mal à ne pas rougir à un compliment sincère, Iris varie.
Je varie.
Iris est moi.
j'ai l'impression de me retrouver dans tout ce qu'elle dit ou fait, à commencer par ce qu'elle dit, en voix off, au début.
elle parle de l'amour (éternel sujet), et de ceux qui n'ont pas droit à l'amour réciproque.
Forcément, je me suis sentie concernée, puisque la seule chose que j'ai connu en amour, s'appelle le sens unique.
Iris, son coeur écorché par Jasper, moi et certains restes, d'une certaine situation, certainement désagréable.
J'ai regardé ce film, justement pour cette ressemblance, pour voir un personnage qui aime quelqu'un, tout en devinant qu'il n'y a pas d'issue satisfaisante.
J'avais deviné, depuis longtemps. Je l'ai senti, certains signes, ou une absence de signes, certaines choses entendues, et surtout un grand silence.
Mais comme Iris, j'ai cru, qu'il y avait une petite chance que je me trompe, une petite chance que ma première impression soit la bonne.
Je savais au fond, mais je n'ai pas voulu entendre. Ce n'était pas le moment, je n'étais pas prête à me voir ignorée, à nouveau.
J'ai fait l'autruche. Consciemment, j'ai enfoncé ma tête dans le sable, aussi profondément que possible, dans l'espoir de ne plus entendre cette petite voix qui me disait que je faisais fausse route.
Et c'est un tout, une avalanche de petites choses piquantes, qui m'a amenée à revoir mon point de vue, et à accepter de dire que j'avais foncé dans un mur.
Un beau mur, un mur gentil, et tendre, loin d'être parfait.
Mais un mur.
Alors Iris s'en va, Iris décolle.
Iris fuit?
Peut-être oui et moi avec.
Et là encore je n'espère, dans ces idées de fuite, qu'une bouffée d'air, un nouveau départ, ces possibilités que la jeunesse me permet.
Ce besoin pressant d'être ailleurs, soudain, comme si, un dernier coup de pied aux fesses, une dernière minuscule aiguille, m'avait tout à coup réveillée.
Et soudain cette petite voix qui me disait que je me trompais, me souffle, qu'à condition d'un retour, d'un renouveau, il me faut déguerpir, pour ne pas imploser.
Iris tient le rôle de la confidente, car elle ne croit pas avoir droit au rôle de femme de caractère.
Elle se tapit dans un coin, pensant être bien trop mauvaise pour intéresser quiconque.
Iris tient la place de la gentille, que beaucoup apprécient, que peu aiment, celle qui prodigue de grands sourires, et des douceurs, celle aussi, qui attend pour pleurer, d'avoir passer le pas de la porte, et d'être seule.
Iris reviendra, Iris sera la même, mais Iris aura changé.
Moi aussi?
Alors j'échaffaude des plans B, des issues de secours qui me garantiront un nouveau souffle, avec de la chance des batteries rechargées, un entrain retrouvé.
Il y aura peut-être Miles, ou Arthur sur mon chemin.
Il y a déjà quelques Graham, qui tiennent bon, contre mes vents et mes marées, accrochés avec moi, à la barre.
Reste à choisir un nouveau cap.
Reste à laisser derrière soi des bribes, des miettes de souhaits envolés, et reconstituer ce que l'on est.


































