vendredi, 16 mai 2008
de ceci, de cela
Cet après-midi je m'en vais faire quelques emplettes avec Mary. J'ai pris le prétexte de mon oral pour renouveler ma garde-robe. Astucieux, ça permet que mon cher père ne me fasse un sermon sur la société de consommation.
Tiens donc, parlons-en de mon père.
Entre lui et moi ce n'est pas toujours calme, pas toujours évident. Je dirais même que nos personnalités sont trop différentes et trop semblables pour coller parfaitement.
La même obstination du "j'ai raison POINT", la même manie de la voix qui monte un peu trop en cas de conflit, les mêmes yeux bleus froids et sévères pendant les disputes. Entre lui et moi c'est je t'aime moi non plus. Bien sûr, on s'aime. Il m'accompagne pour le concours, on s'excuse quand on se dispute trop fort, parfois on lâche un "je t'aime". Il déteste la consommation, je suis une acheteuse. Il aime les filles naturelles, celles qui ne se maquillent pas, portent un pull trop grand. Il déteste les talons, j'en porte presque tous les jours, je me maquille, je me tartine, je me parfume, je me crème. Je dis "ooooooh il est trop trop trop beau" en parlant d'un porte-clé-peluche, il lève les yeux au ciel. J'ai des papillons dans les yeux devant un garçon, et je commente les bras dudit garçon à table il ne comprend pas.
Mais malgré ces aspects un peu houleux de notre relation, j'aime beaucoup ce qu'il est, et ce qu'il a été.
Mon père, un grand timide, un introverti, qui ne parlait pas beaucoup, qui restait dans sa voiture quand ses soeurs organisaient une fête.
Mon père est son désir d'être apiculteur, sa faculté à observer des heures la même fleur, et la trouver belle.
Mon père, un homme émerveillé, rarement blasé, malgré tout un peu rabat-joie parfois.
Mon père, ancien (mais pas si ancien que ça) écologiste, qui avait une camionette pleine de tags et d'autocollants anti-nucléaire, sa barbe de six pieds de longs, son amour pour ma maman, leur voyage de noces dans une petite voiture sans prétention.
Leur appartement avec un matelas, un vélo, une table, une gazinière.
Mon père, féministe aux côtés de ma mère dans les années 70, écolo qui vidait du poisson pourri dans les rues d'Avignon.
Mon papa qui a toujours été différents des garçons, jamais grossier, jamais graveleux, jamais gras, Mon papa qui m'a appris à être ce que je suis: affirmée.
Mon papa qui est fier de moi quand je met quelqu'un en boîte, parce que cette personne a dépassé les bornes.
Mon père qui pour la première fois, accepte je fonde devant un certain garçon, mon père qui accepte, qui approuve aussi mes sentiments, qui m'écoute parler de lui sans broncher, mon père qui participe à cette conversation.
Alors oui mon papa et moi, c'est une histoire complexe, mais on aime tous les deux la country, le jazz, le gospel. Il a rit devant Taxi, il a toujours aimé les animaux. Mon père et moi, bon public, nous ressemblons plus qu'il n'y paraît.

12:27 Publié dans Babillages | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note






























Commentaires
Le "j'ai raison, point", je connais...le ton qui monte et le regard froid pendant les disputes aussi.
Mais la fierté dans ses yeux et la protection constante, même de loin, c'est précieux et je suis heureuse d'en être bénéficiaire, tout comme toi.
Grosses bises.
Ecrit par : lili | vendredi, 16 mai 2008
Répondre à ce commentairebref tu l'auras bien compris moi aussi j'aime bien papa Clotilde !
gros bidoux
Ecrit par : Mary | vendredi, 16 mai 2008
Répondre à ce commentaire@Mary: il te tape dans le dos= affection, il t'engueule=il est à l'aise il te regarde avec un air ahuri= il est ahuri^^
Je suis contente que tu aimes bien mon papa toi^^
Gros BODUX! (j'aime bien ce mot^^)
Ecrit par : Clotilde | vendredi, 16 mai 2008
Répondre à ce commentaireBises !
Ecrit par : Lauren | vendredi, 16 mai 2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : camille la it girl | vendredi, 16 mai 2008
Répondre à ce commentaire@ Camille (it girl): Merci :)
Bisous!
Ecrit par : Clotilde | vendredi, 16 mai 2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : NenyaScarlett | dimanche, 18 mai 2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Clotilde | mardi, 20 mai 2008
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