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lundi, 12 mai 2008
Livres Publics
Vaughan Willilams: Fantasia On A Theme By Thomas Tallis, B.O. de Master And Commander

On est d'accord, un livre est un objet public. Dans ce sens: n'importe qui peut en acheter, en lire. En règle générale, la majorité des livres sont faits pour être lus, et sont autorisés à être lus (sauf, par exemple, le notoire Mein Kampf sorti de la plume d'un homme tout aussi tristement célèbre). Toujours est-il que librairies et bouquinistes ouvrent leurs portes à qui veut.
Comme je ne peux pas me permettre d'acheter des livres à la pelle, je vais à la bibliothèque. Oui, je mets mon argent dans les chaussures (il n'existe pas de chausseurs qui vous prêtent leurx chaussures pour 1€ les 15 jours), et mon temps dans les livres.
Ainsi, depuis mes 5 ans je vais à la très célèbre "Bibliothèque pour tous" de ma ville. Là des dames (toujours les mêmes à ce jour) adorables conseillent ma maman (et moi désormais) en livres. Prenez celui-ci, ou celui-là. Michel Del Castillo? Bien sûr! Anne Wiazemsky? Essayez!
Voilà ce que j'appelle des livres publics: ils passent entre des centaines de paires de mains différentes. Ici on retrouve un marque page oublié, là un vieil article de journal, ou encore un mot doux. Des bouts de gens. Ce sont des ouvrages que l'on partage, une sorte de passion commune. Il n'y a pas d'hygiène du livre à la bibliothèque, pas de gants à mettre, pas de craintes.
Oui, parce que voyez-vous, j'ai beaucoup de mal à prêter mes livres. Je le fais pour les gens que je connais bien, parce que j'ai confiance, je sais qu'ils reviendront entier. Par exemple Le Château de Cassandra de Dodie Smith (Les 101 Dalmatiens c'est elle) est un livre précieux. Je l'aime beaucoup, je le relirais, c'est une sorte d'univers loufoque et tendre qui m'est très cher. Il y a aussi Sido et Les Vrilles de la Vigne, où Colette livre des descriptions subtiles, légères, belles comme des soirs d'été. Tout comme le Baron Perché d'Italo Calvino. N'allez pas m'abimer mon cher Côme Laverse du Rondeau plus qu'il ne l'est, ses arbres, sa liberté, son amour pour Violette, marquise fêlée. Côme, sa poésie, sa détermination, sa folie, sa décision. Mon Côme.
Par contre les livres des bibliothèques sont des sortes de People, ils sont à tout le monde, leur image est publique, ils n'ont pas de vie privée. Pas un n'est attendu quelque part précisément. Ce sont des globbes trotters, ils visitent des foyers plus différents les uns des autres, ils connaissent tout, tout le monde. Ce sont des livres libres, gardant un bout de vous chaque fois, conservant les empreintes de tous les lecteurs sur leurs pages, ceux qui lèchent le bout de leur doigt pour les tourner, ou bien ceux qui les cornent légèrement. Nous les marquons autant qu'ils nous marquent, ils sont à nous, sans être à personne.
Si j'aime mes livres, j'aime ceux qui, pareils à des ions libres, se balladent de rue en ville, ceux qui sont proches de moi juste le temps de la lecture, des amours de vacances, qu'on n'oublie pas, qu'on ne revoit pas.

08:00 Publié dans Coton | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note































Commentaires
j'achète beaucoup de livre à 1 euros chez les bouquinistes, j'aime les couvertures retro des vieux livres de poche...
Toi aussi tu aimes Le chateau de Cassandra, je n'ai vu que le film, il faut que je lise le livre!
Ecrit par : camille la it girl | lundi, 12 mai 2008
Moi aussi je me fourni dans les brocantes et les braderies pour mes livres. On peut y trouver des pépites pour pas trop cher. Par contre c'est vrai que certains livres restent chez moi et que j'ai du mal à en prêter certains...j'ai eu trop de mauvaises expériences de livres prêtés pas rendus, ou alors très tard, cornés, tachés...il y a beaucoup de gens qui pensesnt qua les ouvrages ne sont QUE du papier, rien d'autre.
Grosses bises :)
Ecrit par : lili | lundi, 12 mai 2008
oui oui des liiiiiiiiiiiiivres ! d'ailleurs je pense que tu es une des seules a qui je prete mes livres d'amour que j'aime !
je pense que je vais moi aussi m'inscrire dans une bibliotheque^^
bidouuuuuuuuuuux
Ecrit par : Mary | lundi, 12 mai 2008
Pendant très longtemps j’ai détesté prêter mes livres, et pourtant je suis loin d’être égoïste ; mais j’avais cette sensation étrange que, changeant de main et de lecteur, d’émotions et de ressentis, l’histoire m’échappe et s’amoindrisse, peut être un peu lestée par le poids d’une vision autre que la mienne. Par exemple, l’un de mes livres préférés de jeunesse, l’Histoire sans Fin de Michael Ende (oui je sais le roman a été adapté au cinéma, mais il ne constitue que le tiers du livre et occulte volontiers les passages plus profonds et les interrogations pas si enfantines que pose, ici et là, comme des clins d’œil à notre réflexion adulte, l’auteur), je ne supportais même pas l’idée de m’en séparer. Les personnages, parce que je les avais aimés, souhaités, rêvés et embellis de ma propre imagination, n’appartenaient qu’à moi, il s’était presque tissé un lien de complicité entre nous, transcendant l’habituelle sécheresse du papier légèrement bruissant et l’encre trop sombre de mots ouvrant tant de possibilités, et d’infinis. J’ai eu beaucoup de mal à le prêter à ma meilleure amie (je l’avoue, j’en ai même pleuré. C’est une réaction puérile, je l’admets).
A présent j’emprunte et donne volontiers, sous réserve que le livre me soit rendu en parfait état (je suis un peu chiante avec ça, mais je ne supporte pas le manque de soin envers les romans, les pages écornés sans douceur et les traces de gras ancrées sur le papier)…Bien sûr, j’aime tout autant les vieux livres poussiéreux, chiner dans les bibliothèques et les librairies parisiennes perdues au milieu des immeubles et d’une grisaille environnante, là cela ne me gêne en aucune façon que la couverture soit abîmée. Sauf que parfois, je tombe sur des miettes ou des cheveux , et ça je déteste (si si, c’est arrivé plusieurs fois dans les bouquins de la bibliothèque de ma banlieue, je suis sans doute un brin snob mais je trouve ça répugnant)
Bises
Ecrit par : Elea | lundi, 12 mai 2008
Je n'aime plus trop emprunter des livres à la bibliothèque, je n'ai jamais assez de temps pour les lire ! Pour les classiques je les achète aussi d'occasion, du moment que je peux les garder... :) Lire un livre qui a appartenu à quelqu'un ne me gêne pas, mais j'aime me l'approprier ensuite.
En ce qui concerne les prêts, hormis à ma famille, je suis très méfiante;) J'ai eu plusieurs mauvaises expériences, un livre que j'adorais qui m'a été rendu déchiré et un autre qu'on ne m'a jamais rendu ...
Grosses bises!
Ecrit par : Mam'zelle Poupée | lundi, 12 mai 2008
Lorsque j'étais petite, je faisais exprès de laisser des petits papiers dans les livres de la bibliothèque : le plus souvent c'était des cartes au trésors que je dessinais ... je sais, je suis folle ! lol
Ecrit par : Scheharazade | lundi, 12 mai 2008
J'aime beaucoup le parcours de ces livres publics que tu décris... C'est tellement vrai, et tellement joli !
Parfois, j'aimerais trouver dans les livres que j'emprunte un mot du lecteur précédent à mon attention, quelque chose du genre "ça m'a ému, transporté, notamment ce passage, là... et toi ?". J'aimerais un dialogue autre que silencieux ! :)
Ecrit par : Titania | mardi, 13 mai 2008
J'ai du mal avec les bibliothèques. Je ne sais pas mais ce parcours de mains en mains me rebute un peu .. Ca vient peut être du lieu aussi parce que j'ai repèré une plus petite jusqu'à côté de chez moi qui le plairait bien .
Je ne prête aussi mes livres qu'en des personnes de grande confiance, trop de mauvaises expériences !
Quand je pense que l'un de mes Levy a réussi à s'égarer , même avec mes tantes, j'en suis malade.
J'achète bcp de livres, bcp de poches pour la plupart mais j'aime avoir les livres qui comptent le plus, c'est quasi physique.
Ecrit par : Shopgirl | mardi, 13 mai 2008
@ toutes: je vois que la confiance règne chez les lectrices: Pas une qui prête ses livres avec confiance! On est bien faites pour s'entendre (enfin se lire). Comme Titania j'aimerais avoir l'avis d'autres lecteurs. Et pourtant, je n'en parle pas forcément, pq je crois que j'aime garder mes impressions, mes personnages pour moi. Prêter un livre c'est un acte de GRANDE confiance. J'aime que les livres que j'aime plaisent et ce n'est pas toujours le cas. Le Baron Perché ne plait que très peu par exemple. Et pourtant je l'aime tellement mon Côme. Voilà un bout de temps que je n'ai pas acheté un livre que j'aime. Je voudrais tout Anne Wiamzemsky, Voltaire, Barbara Kingslover, etc. Je ne sais pas vous mais j'ai trop de livres que j'aime; Il me faudrait une bibliothèque ENORME. Parler de livres ça me "prend aux tripes" (je ne suis pas excessives du tout :-) )
Bisous à toutes!
Ecrit par : Clotilde | mardi, 13 mai 2008
Quand je te lis, évoquant les livres publics avec tant de finesse, je jubile ! j'aime tant les livres, pour ce qu'ils sont, pour ce qu'ils m'ont donné et me donnent, que partager cela avec mes enfants ravive les couleurs de ma vie. Ces livres qui m'accompagnent depuis que j'ai commencé à les déchiffrer, à cinq ans et demi, ceux que je dénichais chez mon grand-père, ceux que j'empruntais au collège, ceux que je dévorais au lieu d'apprendre mes leçons. Les livres et les mots. Le pouvoir incroyable des mots, celui de nous emmener là où notre imagination ne nous avait pas conduits. Partager cela avec mon Bidou est un grand bonheur. Ta môman
Ecrit par : Véronique | dimanche, 25 mai 2008
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